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Confiance sociale en Suisse: les aîné·es progressent, les jeunes stagnent

12/05/2026

Dans le 44e numéro de la revue Social Change in Switzerland, Claire Janssen, Ursina Kuhn et Marieke Voorpostel montrent que la confiance sociale n'a pas diminué en Suisse depuis le début des années 2000, contrairement aux États-Unis. Seul l'âge révèle des trajectoires divergentes: la confiance des plus de 65 ans a nettement augmenté, tandis que celle des jeunes stagne. Au niveau des générations, les baby-boomers affichent la confiance la plus élevée et la génération Z le niveau le plus bas.

L'étude s'appuie sur le Panel suisse de ménages (2005–2024) et l'European Social Survey (2002–2022). La confiance sociale y est mesurée sur une échelle de 0 à 10, de «on n'est jamais assez prudent» à «on peut faire confiance à la plupart des gens». Les deux enquêtes concordent: la confiance a légèrement augmenté entre 2005 et 2011, atteint un pic en 2017–2018, sans déclin généralisé. Contrairement aux États-Unis, où chaque génération se révèle moins confiante que la précédente, la Suisse ne connaît pas de crise de la confiance sociale.

Derrière cette stabilité se cachent des différences selon la formation, la nationalité et la religiosité: les diplômé·es du tertiaire, les citoyen·nes suisses et les personnes très religieuses sont plus confiant·es. Ces écarts sont constants dans le temps. L'âge constitue toutefois une exception: la confiance des plus de 65 ans a considérablement augmenté depuis 2005, tandis que celle des 14–25 ans a stagné, voire baissé entre 2014 et 2022, avant d'amorcer une timide remontée.

Pour distinguer effets d'âge et effets de génération, les auteures analysent cinq cohortes — de la génération silencieuse (née avant 1946) à la génération Z (depuis 1997). La confiance augmente avec l'âge, de manière particulièrement marquée entre 18 et 30 ans. Sur le plan générationnel, les baby-boomers (nés en 1946-1964) présentent le niveau de confiance le plus élevé, tandis que la génération Z affiche un niveau légèrement inférieur.

Si la hausse de confiance chez les aîné·es est une bonne nouvelle pour la cohésion sociale, la stagnation chez les jeunes mérite attention: la génération Z évolue dans un contexte de crises multiples — pandémie, changement climatique, précarité du logement — peu propice au développement de la confiance. Si elle ne rattrapait pas le niveau des générations précédentes, et si les baby-boomers venaient à être remplacé·es par des cohortes plus méfiantes, la stabilité actuelle pourrait être fragilisée.

Communiqué Centre LIVES / FORS


Janssen, C., Kuhn, U. & Voorpostel, M. (2026). Confiance sociale en Suisse (2002–2024) : les aînés progressent, les jeunes stagnent. Social Change in Switzerland, N°44, www.socialchangeswitzerland.ch


Contact médias:
Claire Janssen, FORS, +41 (0)21 692 37 74, claire.janssen@fors.unil.ch


La série Social Change in Switzerland documente, en continu, l’évolution de la structure sociale en Suisse. Elle est éditée conjointement par le Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS et Le Centre LIVES. Le but est de retracer le changement de l’emploi, de la famille, des revenus, de la mobilité, du vote ou du genre en Suisse. Basées sur la recherche empirique de pointe, elle s’adresse à un public plus large que les seuls spécialistes.